Show cover

Dans ce nouvel épisode du Monde selon l'Ifri, Marc Hecker s'entretient avec Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur senior à Asia Centre, à l'occasion de la parution de son article « Où en est l'Afghanistan ? Le second règne des talibans » dans le numéro d'automne 2026 de la revue Politique étrangère. Cinq ans après la reprise de Kaboul, ils dressent le bilan de l'Émirat islamique restauré.


Un pouvoir théocratique verrouillé à Kandahar

Le gouvernement siège à Kaboul, mais l'autorité suprême revient à l'émir Haibatullah Akhundzada, reclus à Kandahar. Aucune élection n'est envisagée et les voix plus pragmatiques, comme celle d'Abdul Ghani Baradar, pèsent peu face à la ligne dure.


L'« apartheid de genre »

Voile intégral, tuteur masculin obligatoire pour se déplacer, école interdite aux filles après le primaire, emploi proscrit dans les espaces mixtes : les appels de l'ONU et de l'OCI restent lettre morte. En réaction, des femmes organisent des cours clandestins.


Une économie exsangue

181e à l'IDH, l'Afghanistan affiche une croissance de 2 à 3 %, très insuffisante. Les projets régionaux comme le gazoduc TAPI restent bloqués. Le pavot a été quasiment éradiqué, au prix d'une crise de reconversion paysanne, tandis que le trafic de méthamphétamine progresse.


Des menaces sécuritaires persistantes

Malgré le déni de Kaboul, l'État islamique au Khorassan multiplie les attentats ciblés. Le Front national de résistance d'Ahmad Massoud, lui, ne pèse pas militairement.


Entre ouverture pragmatique et rupture avec le Pakistan

Seule la Russie a reconnu le régime, mais une vingtaine d'États restent présents à Kaboul. Avec Islamabad, qui accuse Kaboul d'abriter les talibans pakistanais du TTP, la rupture est consommée : frappes jusque sur Kaboul en mars 2026, frontières fermées et renvois massifs de réfugiés afghans.


Un régime appelé à durer

Faute d'opposition structurée ou de pression extérieure décisive, la ligne ultra-conservatrice fixée à Kandahar semble appelée à perdurer.


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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    Un pouvoir théocratique verrouillé à Kandahar

    Le gouvernement siège à Kaboul, mais l'autorité suprême revient à l'émir Haibatullah Akhundzada, reclus à Kandahar. Aucune élection n'est envisagée et les voix plus pragmatiques, comme celle d'Abdul Ghani Baradar, pèsent peu face à la ligne dure.


    L'« apartheid de genre »

    Voile intégral, tuteur masculin obligatoire pour se déplacer, école interdite aux filles après le primaire, emploi proscrit dans les espaces mixtes : les appels de l'ONU et de l'OCI restent lettre morte. En réaction, des femmes organisent des cours clandestins.


    Une économie exsangue

    181e à l'IDH, l'Afghanistan affiche une croissance de 2 à 3 %, très insuffisante. Les projets régionaux comme le gazoduc TAPI restent bloqués. Le pavot a été quasiment éradiqué, au prix d'une crise de reconversion paysanne, tandis que le trafic de méthamphétamine progresse.


    Des menaces sécuritaires persistantes

    Malgré le déni de Kaboul, l'État islamique au Khorassan multiplie les attentats ciblés. Le Front national de résistance d'Ahmad Massoud, lui, ne pèse pas militairement.


    Entre ouverture pragmatique et rupture avec le Pakistan

    Seule la Russie a reconnu le régime, mais une vingtaine d'États restent présents à Kaboul. Avec Islamabad, qui accuse Kaboul d'abriter les talibans pakistanais du TTP, la rupture est consommée : frappes jusque sur Kaboul en mars 2026, frontières fermées et renvois massifs de réfugiés afghans.


    Un régime appelé à durer

    Faute d'opposition structurée ou de pression extérieure décisive, la ligne ultra-conservatrice fixée à Kandahar semble appelée à perdurer.


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