
Dans de podcast je suis partie à Marrakech interviewer Artsi ifrach artiste créateur, fondateur de la maison Artc
Son œuvre ne se situe ni dans la mode, ni dans l’art au sens institutionnel. Elle se tient dans un espace intermédiaire, poreux, vivant — là où le textile devient langage, où le corps devient support symbolique, où la création devient un acte existentiel.
Il le dit sans détour : il n’est pas fashion designer.
Il est cultural designer.
Sa signature c’est « Liking Yourself Is a Rebellious Act »
Pour lui créer est clairement un acte de réparation, de liberté et de foi en la beauté
Il y a des créateurs qui parlent de leur travail comme d’une carrière.
Et il y en a d’autres qui en parlent comme d’une nécessité vitale.
Artsi appartient à cette seconde catégorie.
Il ne fabrique pas des vêtements.
Il répare.
Il relie.
Il fait advenir.
L’émotion, la mémoire, l’héritage.
C’est cela qu’il implante dans ses œuvres.
Avant de créer des vêtements, Artsi a été danseur classique pendant vingt ans.
Cette discipline n’est pas un chapitre refermé : elle structure encore tout son geste.
Il le dit comme un axiome :
« If I don’t dance my work, I don’t do it. »
Danser, ici, n’est pas une métaphore esthétique. C’est une éthique.
Créer sans lourdeur. Sans rigidité. Sans ressentiment.
Créer dans un état d’évidence, de fluidité, de joie
.Une phrase traverse toute son œuvre comme un fil invisible :
« I repair my memory through my clothes. »
Créer a été pour lui un geste de survie, de réparation et de consolation.
Un moyen de transformer des souvenirs douloureux en images réparées.
De prendre une mémoire abîmée et d’en faire une mémoire habitable.
Et il fait ça dans une jubilation joyeuse la joie la joie… de la vie, de l’amour et l’honnêteté comme valeur cardinale.
Je vous souhaite une bonne écoute.
Natacha bensimon
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