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Le temps d’un café avec Emmanuelle Milon, community manager au CCFD Terre-Solidaire  


Emmanuelle Milon est community manager au CCFD-Terre Solidaire. Accompagnée de Jules Girardet, chargé de mission Méso-Amérique et Amazonie, Mathilde Brochard, chargée de mission Pays Andins et Nicolas Gravier, responsable du service Amérique du Sud, elle s’est
rendue au Brésil afin de rencontrer les partenaires et découvrir le travail des chargés de mission sur le terrain. 


Durant leur séjour au Brésil, Emmanuelle et les chargés de mission ont rencontré plusieurs communautés impactées par l’extractivisme. Ils étaient accompagnés sur le terrain par le partenaire FASE (Fédération d’organismes pour l’Assistance Sociale et Educative). C’est lors de leur dernière visite, dans l’état du Pará, qu’Emmanuelle a été interpellée par la détresse d’une communauté. 


Une communauté au bord du désespoir


Lors d’un cercle de paroles animé par le partenaire, les membres de la communauté de pêcheurs ont raconté ce qu’ils subissaient à cause de la présence d’un site d’extraction juste à côté de leur village. Il s’agit d’une usine de l’entreprise française YMERIS qui exploite le kaolin, une argile blanche prisée par les industries papetières et cosmétiques.


Depuis une trentaine d’années, un grand nombre d’entreprises extractivistes se sont installées dans l’état du Pará avec des conséquences désastreuses pour l’environnement et pour les communautés qui y vivent. 


Une personne prend la parole pour raconter qu’elle se réveille toutes les nuits de peur de devoir quitter sa maison. Plusieurs incidents et déversements dans le fleuve ont eut lieu ces dernières années.  


« Les villageois m’ont montré des photos du fleuve après un déversement : il est tout blanc,
c’est impressionnant ».


Les habitants ne peuvent plus pêcher car le nombre de poissons a considérablement diminué. En décembre 2021, un entrepôt de déchets chimiques a explosé provoquant des brûlures et des intoxications des membres de la communauté. Les routes qui mènent au village sont de moins en moins praticables à cause du trafic incessant des poids-lourds. Cela pose problème pour amener les enfants à l’école. La peur est omniprésente. Or, ce climat contraste avec ce que les villageois racontent de leur enfance, de l’environnement dans lequel ils ont grandi. 


Diviser pour mieux régner 


L’entreprise divise la communauté en proposant des indemnités, ou en construisant des écoles ou des centres culturels. Mais les moyens alloués à ces structures sont dérisoires. Certains
habitants acceptent de céder leur maison pour une somme ridicule.  


Contrairement à d’autres communautés rencontrées, ce village n’a pas encore réussi à obtenir la moindre victoire sur YMERIS. Ce jour-là, le rôle du partenaire FASE est de les remobiliser. 

« C’était beau de voir le travail entrepris avec le partenaire. Une des salariées, Cimi, a pris la parole pendant une quinzaine de minutes avec un vocabulaire très bien choisi pour leur rappeler que seule leur terre représente le futur » :  « Le futur c’est la terre », leur a-t-elle dit. 


Les podcast retours de mission, un rdv mensuel 


Première ONG française de solidarité internationale et de développement, le CCFD-Terre Solidaire agit depuis 60 ans aux côtés de celles et ceux qui luttent quotidiennement contre toutes les causes de la faim et qui font face aux injustices du modèle de développement actuel.  Chaque année, il soutient plus de 400 projets initiés par des organisations locales dans 60 pays.



Une série de podcasts réalisé par Sidonie Hadoux pour le CCFD-Terre Solidaire. Mixage : Aurélien Menu.


Chargée de production : Anne-Isabelle Barthélémy