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L’Alliance Fleuve Congo (AFC), c’est fini. Désormais, c’est le Front pour la refondation de la nation, le FRN. Le 12 octobre, Joseph Kabila, ancien président de la RDC, a été annoncé à la tête de ce mouvement politico-militaire qui rassemble notamment les responsables de l’AFC et du Mouvement du 23 mars (M23). Une annonce qui suscite encore des émois, mais qui apporte aussi une certaine clarté dans la compréhension de la crise. Comment expliquer qu’on en soit là ?

Bonjour !

Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse à Ebuteli. Vous écoutez le 41e épisode de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 16 octobre 2026.

Condamnation, désolidarisation, réaffirmation de soutien au président Félix Tshisekedi… Ce sont quelques-unes des réactions qui ont suivi l’annonce de la prise de la tête de la rébellion par Joseph Kabila. Trois jours plus tôt, le concerné, dans un discours publié sur les réseaux sociaux, annonçait qu’il dévoilerait « dans les heures, jours et semaines à venir » sa vision pour « sauver » le pays, après avoir estimé que ses « propositions, mises en garde et conseils ont été superbement ignorés par ceux qui nous gouvernent ». Il avait aussi affirmé qu’ « il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel ». 

Mais pour comprendre cette annonce, il faut remonter d’abord à février 2025 lorsque Joseph Kabila, en exil, sort de son silence. Il publie une tribune dans le journal sud-africain Sunday Times où il critique la gouvernance de son successeur Félix Tshisekedi et dénonce la situation politique et sécuritaire du pays.  Dans les semaines qui suivent, il multiplie les prises de parole médiatiques. En avril 2025, il annonce son retour en RDC « par la partie orientale». Et dans une autre adresse à la nation, il critique une nouvelle fois le régime de Tshisekedi et présente ses 12 propositions pour sortir le pays de la crise. Quelques mois plus tard, en octobre 2025, il lance « Sauvons la RDC », une plateforme politique réunissant plusieurs personnalités opposées au régime de Kinshasa.


Cette chronologie met en lumière une évolution du positionnement politique et public de Joseph Kabila : d’abord une reprise de la parole politique, ensuite une volonté de structurer une opposition au pouvoir, et enfin une association directe avec un mouvement politico-militaire. Cette association n’est toutefois pas nouvelle : le dernier rapport de juillet des experts des Nations unies évoquait déjà « les liens grandissants » entre lui et l’AFC/M23.

Qu’est ce que la présence affichée de Kabila changera-t-elle ? En premier lieu, Kabila apporte au mouvement un nouveau visage : celui d’un ancien chef de l’État qui a dirigé le pays pendant près de 18 ans. Cette dimension peut donner au FRN une visibilité politique nationale et continentale plus importante que celle dont disposait l’AFC/M23 seule, dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). 



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    L’Alliance Fleuve Congo (AFC), c’est fini. Désormais, c’est le Front pour la refondation de la nation, le FRN. Le 12 octobre, Joseph Kabila, ancien président de la RDC, a été annoncé à la tête de ce mouvement politico-militaire qui rassemble notamment les responsables de l’AFC et du Mouvement du 23 mars (M23). Une annonce qui suscite encore des émois, mais qui apporte aussi une certaine clarté dans la compréhension de la crise. Comment expliquer qu’on en soit là ?

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    Condamnation, désolidarisation, réaffirmation de soutien au président Félix Tshisekedi… Ce sont quelques-unes des réactions qui ont suivi l’annonce de la prise de la tête de la rébellion par Joseph Kabila. Trois jours plus tôt, le concerné, dans un discours publié sur les réseaux sociaux, annonçait qu’il dévoilerait « dans les heures, jours et semaines à venir » sa vision pour « sauver » le pays, après avoir estimé que ses « propositions, mises en garde et conseils ont été superbement ignorés par ceux qui nous gouvernent ». Il avait aussi affirmé qu’ « il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel ». 

    Mais pour comprendre cette annonce, il faut remonter d’abord à février 2025 lorsque Joseph Kabila, en exil, sort de son silence. Il publie une tribune dans le journal sud-africain Sunday Times où il critique la gouvernance de son successeur Félix Tshisekedi et dénonce la situation politique et sécuritaire du pays.  Dans les semaines qui suivent, il multiplie les prises de parole médiatiques. En avril 2025, il annonce son retour en RDC « par la partie orientale». Et dans une autre adresse à la nation, il critique une nouvelle fois le régime de Tshisekedi et présente ses 12 propositions pour sortir le pays de la crise. Quelques mois plus tard, en octobre 2025, il lance « Sauvons la RDC », une plateforme politique réunissant plusieurs personnalités opposées au régime de Kinshasa.


    Cette chronologie met en lumière une évolution du positionnement politique et public de Joseph Kabila : d’abord une reprise de la parole politique, ensuite une volonté de structurer une opposition au pouvoir, et enfin une association directe avec un mouvement politico-militaire. Cette association n’est toutefois pas nouvelle : le dernier rapport de juillet des experts des Nations unies évoquait déjà « les liens grandissants » entre lui et l’AFC/M23.

    Qu’est ce que la présence affichée de Kabila changera-t-elle ? En premier lieu, Kabila apporte au mouvement un nouveau visage : celui d’un ancien chef de l’État qui a dirigé le pays pendant près de 18 ans. Cette dimension peut donner au FRN une visibilité politique nationale et continentale plus importante que celle dont disposait l’AFC/M23 seule, dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). 



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