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Le 27 août, le président Félix Tshisekedi a annoncé le « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Celui-ci se tiendra sur le sol congolais pendant une période de trois mois. Il en a dévoilé le format qui commence par les consultations provinciales dans les 26 provinces du pays dont la synthèse nationale servira de base aux assises de Kinshasa. Il exclut les personnes ayant pris des armes et annonce une ordonnance de convocation du dialogue,  la mise en place de la commission préparatoire et autres organes (bureau et assemblée plénière), et les mécanismes de suivi de la mise en œuvre. 

Avant même de parler de l’inclusivité et du contenu qui divisent déjà les parties prenantes à la crise, une question préliminaire se pose : comment assurer la neutralité du processus alors même que le dialogue est annoncé par le président de la République et son architecture est largement définie par lui? 


Bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à l’allocution  du chef de l’État annonçant le dialogue national.  Je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 4 septembre 2026.


Le « dialogue national » annoncé par le président est clairement présenté comme relevant de la souveraineté institutionnelle de l’État. Alors que les confessions religieuses étaient pressenties pour piloter le dialogue et avaient même eu des séances de travail préparatoires avec le cabinet du chef de l’État  à cette fin, elles ont été écartées du rôle de médiateurs.  Le président a choisi de garder la conduite du dialogue dans son giron et de limiter les confessions religieuses à une position de participant à la commission préparatoire. Écarter la médiation des confessions religieuses sans proposer une alternative indépendante est problématique à plusieurs égards, mais notre analyse se limite à la notion de neutralité de la médiation ou de la facilitation, indispensable avant, pendant et après le dialogue. 


Le dialogue, c’est comme un match, à la seule différence que le but n’est pas la victoire d’une équipe mais un compromis permettant la fin du conflit. Comme sur le terrain de foot, il faut au préalable des règles du jeu et un arbitre ou une tierce partie neutre. La  crédibilité du match comme du dialogue repose donc sur plusieurs critères dont l’autonomie, l’indépendance et la neutralité de cette tierce partie qui peut assurer la facilitation ou la médiation selon les processus. Avant tout débat de fond, il faut ainsi fixer des règles du jeu acceptées par les principales parties et une entité qui en assure le respect. 


C’est à cette tierce partie qu’il revient de rechercher l’adhésion des protagonistes à sa facilitation,  puis de sécuriser un accord-cadre sur le processus même, notamment sur qui pilote réellement au-delà de la convocation, où se tient le dialogue, qui participe et quelles mesures de confiance précèdent les assises. 

La confiance entre les parties peut en effet se construire avec le temps mais la confiance dans le processus est primordiale et est souvent liée à la tierce partie neutre. Vous n’avez pas besoin de faire confiance à la partie adverse pour commencer le dialogue. Cependant, il faut un minimum de confiance dans l’arbitre et dans les règles du jeu qui assurent la crédibilité du processus. 



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    Le 27 août, le président Félix Tshisekedi a annoncé le « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Celui-ci se tiendra sur le sol congolais pendant une période de trois mois. Il en a dévoilé le format qui commence par les consultations provinciales dans les 26 provinces du pays dont la synthèse nationale servira de base aux assises de Kinshasa. Il exclut les personnes ayant pris des armes et annonce une ordonnance de convocation du dialogue,  la mise en place de la commission préparatoire et autres organes (bureau et assemblée plénière), et les mécanismes de suivi de la mise en œuvre. 

    Avant même de parler de l’inclusivité et du contenu qui divisent déjà les parties prenantes à la crise, une question préliminaire se pose : comment assurer la neutralité du processus alors même que le dialogue est annoncé par le président de la République et son architecture est largement définie par lui? 


    Bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à l’allocution  du chef de l’État annonçant le dialogue national.  Je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 4 septembre 2026.


    Le « dialogue national » annoncé par le président est clairement présenté comme relevant de la souveraineté institutionnelle de l’État. Alors que les confessions religieuses étaient pressenties pour piloter le dialogue et avaient même eu des séances de travail préparatoires avec le cabinet du chef de l’État  à cette fin, elles ont été écartées du rôle de médiateurs.  Le président a choisi de garder la conduite du dialogue dans son giron et de limiter les confessions religieuses à une position de participant à la commission préparatoire. Écarter la médiation des confessions religieuses sans proposer une alternative indépendante est problématique à plusieurs égards, mais notre analyse se limite à la notion de neutralité de la médiation ou de la facilitation, indispensable avant, pendant et après le dialogue. 


    Le dialogue, c’est comme un match, à la seule différence que le but n’est pas la victoire d’une équipe mais un compromis permettant la fin du conflit. Comme sur le terrain de foot, il faut au préalable des règles du jeu et un arbitre ou une tierce partie neutre. La  crédibilité du match comme du dialogue repose donc sur plusieurs critères dont l’autonomie, l’indépendance et la neutralité de cette tierce partie qui peut assurer la facilitation ou la médiation selon les processus. Avant tout débat de fond, il faut ainsi fixer des règles du jeu acceptées par les principales parties et une entité qui en assure le respect. 


    C’est à cette tierce partie qu’il revient de rechercher l’adhésion des protagonistes à sa facilitation,  puis de sécuriser un accord-cadre sur le processus même, notamment sur qui pilote réellement au-delà de la convocation, où se tient le dialogue, qui participe et quelles mesures de confiance précèdent les assises. 

    La confiance entre les parties peut en effet se construire avec le temps mais la confiance dans le processus est primordiale et est souvent liée à la tierce partie neutre. Vous n’avez pas besoin de faire confiance à la partie adverse pour commencer le dialogue. Cependant, il faut un minimum de confiance dans l’arbitre et dans les règles du jeu qui assurent la crédibilité du processus. 



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