Show cover

J’ai choisi Traduit du silence mais, à vrai dire, chaque titre de Joë Bousquet conviendrait puisque cet épisode n’est pas une tentative d’épuisement d’un livre mais un parcours dans la parole de l’auteur.

Elle est née d’une blessure, en mai 1918, à Verdun. Une balle ennemie traverse ses deux poumons et la partie avant du corps vertébral. Joë Bousquet croit qu’il va succomber mais il survivra, paralysé, et ne mourra que trente ans plus tard, tombant « en souriant contre moi qui le soutenais, écrit sa sœur, et il est resté au garde à vous, comme si la balle qui devait le tuer à vingt ans, ne l’avait atteint qu’à cette minute. »

Après plusieurs mois, il est rapatrié à Carcassonne, chez lui, très vite au 53, rue de Verdun, d'où il ne bougera plus, vivant dans une chambre qu’on lui a aménagé. Il ne sait que faire de ce corps qui « est avec moi comme un chien mort. » Aux crises d’urémie, aux maux innombrables, s’ajoutent les convulsions d’un esprit séparé de sa chair.

Dès lors, Joë Bousquet ne cessera d’approfondir et d’examiner cette division, de lui trouver des échos par-delà le temps et les lieux, de pratiquer une « métaphysique de l’impossible ». Sans doute est-il un de ceux qui est allé le plus loin dans l’examen de sa condition et de sa véritable substance. Toute son écriture n’aura été qu’une recherche de l’Être véritable.

C’est une œuvre profonde, complexe, bien souvent hermétique, qui se mérite, que celle de Joë Bousquet. Ses romans ont l’allure de confessions poétiques, ses poèmes celles d’aphorismes surréalistes ; ses journaux se laissent souvent aller au commentaire mystique et ses critique littéraires sont autant des tentatives d’approfondissement de soi que des essais sur le langage…

Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    J’ai choisi Traduit du silence mais, à vrai dire, chaque titre de Joë Bousquet conviendrait puisque cet épisode n’est pas une tentative d’épuisement d’un livre mais un parcours dans la parole de l’auteur.

    Elle est née d’une blessure, en mai 1918, à Verdun. Une balle ennemie traverse ses deux poumons et la partie avant du corps vertébral. Joë Bousquet croit qu’il va succomber mais il survivra, paralysé, et ne mourra que trente ans plus tard, tombant « en souriant contre moi qui le soutenais, écrit sa sœur, et il est resté au garde à vous, comme si la balle qui devait le tuer à vingt ans, ne l’avait atteint qu’à cette minute. »

    Après plusieurs mois, il est rapatrié à Carcassonne, chez lui, très vite au 53, rue de Verdun, d'où il ne bougera plus, vivant dans une chambre qu’on lui a aménagé. Il ne sait que faire de ce corps qui « est avec moi comme un chien mort. » Aux crises d’urémie, aux maux innombrables, s’ajoutent les convulsions d’un esprit séparé de sa chair.

    Dès lors, Joë Bousquet ne cessera d’approfondir et d’examiner cette division, de lui trouver des échos par-delà le temps et les lieux, de pratiquer une « métaphysique de l’impossible ». Sans doute est-il un de ceux qui est allé le plus loin dans l’examen de sa condition et de sa véritable substance. Toute son écriture n’aura été qu’une recherche de l’Être véritable.

    C’est une œuvre profonde, complexe, bien souvent hermétique, qui se mérite, que celle de Joë Bousquet. Ses romans ont l’allure de confessions poétiques, ses poèmes celles d’aphorismes surréalistes ; ses journaux se laissent souvent aller au commentaire mystique et ses critique littéraires sont autant des tentatives d’approfondissement de soi que des essais sur le langage…

    Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.


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