Show cover

En février 1968 est imprimée en Belgique une mince plaquette qui réunit quelques articles du romancier et critique Robert Poulet. Tous se rapportent à l’œuvre d’un inconnu nommé Hubert Chatelion, médecin syphilitique, mort de folie et de désespoir en 1941, à quarante ans à peine. On a beau ignorer le patronyme de cet homme, le titre du brimborion est sans équivoque : Un Céline Belge

 

Voilà de quoi intriguer. Un volcan caché au milieu du plat pays, prêt à entrer en éruption, qui aurait même déjà recouvert de sa lave plus acide que brûlante les lettres belges ? Ou comme le pensent d’autres critiques, rien qu’une colline quelconque, renflement sans envergure rempli d’air inodores plutôt que de miasmes étourdissants ?

 

Écoutons Robert Poulet qui écrit en février 1937 à propos de Maldagne, le deuxième roman d’Hubert Chatelion : « Quand aux cent premières pages, c’est bien simple : je les tiens pour le plus beau morceau de poésie romanesque qu’on ait pu lire dans ce genre depuis Céline. On peut d’ailleurs comparer le chapitre de Maldagne intitulé Études à un passage analogue, au demeurant l’un des meilleurs, de Mort à crédit. À coup sûr, l’écrivain français l’emporte par la puissance de la vision et de l’expression. Mais il me semble qu’on trouve plus de vérité du côté de l’écrivain belge. En tout cas, cette peinture des rapports familiaux dans un milieu de petits artisans en voie de se déclasser prend à la gorge. »

 

Maldagne tiendrait donc la comparaison avec Mort à crédit, l’authentique chef-d’œuvre de Céline ?

 

Eh bien, allons-y, comparons.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Show cover

    En février 1968 est imprimée en Belgique une mince plaquette qui réunit quelques articles du romancier et critique Robert Poulet. Tous se rapportent à l’œuvre d’un inconnu nommé Hubert Chatelion, médecin syphilitique, mort de folie et de désespoir en 1941, à quarante ans à peine. On a beau ignorer le patronyme de cet homme, le titre du brimborion est sans équivoque : Un Céline Belge

     

    Voilà de quoi intriguer. Un volcan caché au milieu du plat pays, prêt à entrer en éruption, qui aurait même déjà recouvert de sa lave plus acide que brûlante les lettres belges ? Ou comme le pensent d’autres critiques, rien qu’une colline quelconque, renflement sans envergure rempli d’air inodores plutôt que de miasmes étourdissants ?

     

    Écoutons Robert Poulet qui écrit en février 1937 à propos de Maldagne, le deuxième roman d’Hubert Chatelion : « Quand aux cent premières pages, c’est bien simple : je les tiens pour le plus beau morceau de poésie romanesque qu’on ait pu lire dans ce genre depuis Céline. On peut d’ailleurs comparer le chapitre de Maldagne intitulé Études à un passage analogue, au demeurant l’un des meilleurs, de Mort à crédit. À coup sûr, l’écrivain français l’emporte par la puissance de la vision et de l’expression. Mais il me semble qu’on trouve plus de vérité du côté de l’écrivain belge. En tout cas, cette peinture des rapports familiaux dans un milieu de petits artisans en voie de se déclasser prend à la gorge. »

     

    Maldagne tiendrait donc la comparaison avec Mort à crédit, l’authentique chef-d’œuvre de Céline ?

     

    Eh bien, allons-y, comparons.


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.