
Les philosophes qui s’intéressent à la voix doivent questionner le continuum mythique entre la voix parlée et la voix chantée, tout en se rendant à l’évidence qu’une parole n’est pas un chant, quand bien même elle ne va pas sans quelques inflexions dans l’intonation qui, chez certains locuteurs, peuvent aller jusqu’à donner à certains discours des accents chantants. Et alors que certaines paroles se feraient volontiers passer pour des mélodies, une pratique s’est développée dans la seconde moitié du 20ème siècle sous le nom de speechmelody qui renvoie à une technique de composition qui prend la parole comme modèle de la partition musicale.
Ce numéro « Parlonner » de Metaclassique propose de faire l’histoire de ces musiques qui semblent vouloir parler, en procédant à reculons. Nous allons d’abord à la rencontre de la compositrice Felicity Wilcox qui a refait la bande son d’un film de Jean-Luc Godard en imitant les répliques des acteurs par des instruments de musique. Nous nous entretiendrons ensuite avec le trompettiste Jérémy Lecomte qui a signé plusieurs dizaines de vidéos virales où il reprend des paroles de personnalités dont il fait la double prosodique à la trompette, puis avec le guitariste René Lussier qui sortait l’album Le trésor de la langue incontournable dans cette histoire, pour terminer par nous demander avec le musicologue Nicolas Boiffin si le compositeur Hugo Wolf n’est pas une sorte de précurseur de la speechmelody en tant que ses lieder sont justement réputés et ont même pu être critiqués pour avoir des parties piano volontairement très ressemblante aux inflexions déclamatoires des poèmes qu’elles accompagnent.
Une émission animée et cousue par David Christoffel.
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