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Découvrez aux côtés de Florence Tamagne, commissaire de l'exposition Homosexuels et Lesbiennes dans l'Europe Nazie


Longtemps tabou, le destin des triangles roses, s’il est, depuis une trentaine d’années, l’objet de recherches historiques de premier plan, reste encore méconnu. En effet, ce n’est qu’à la faveur du mouvement de libération gay et lesbien des années 1970 que le sujet commence à être débattu, soulevant de nombreuses questions qui constituent autant d’enjeux mémoriels : quelle fut la nature des persécutions ? Combien de personnes furent touchées ? Tous les homosexuels furent-ils visés ? Quel fut le sort des lesbiennes ? Quels furent les territoires concernés par la répression, notamment en France ? Comment honorer le souvenir des victimes ? 


Selon les estimations les plus sûres, près de 100 000 homosexuels furent fichés par le régime nazi ; 50 000 environ firent l’objet d’une condamnation ; entre 5 000 et 15 000 furent envoyés en camp de concentration, où la plupart périrent. Les lesbiennes restaient hors du champ de la loi, sauf dans certains pays, comme l’Autriche, et certaines furent déportées comme « asociales » ou « communistes ». Les territoires occupés ou annexés par le Reich ne furent, en outre, pas tous touchés de la même façon. 


Cette exposition, si elle privilégie les cas allemand et français, replace la persécution des homosexuels sous le régime nazi dans un cadre européen, et dans le temps long, des premiers mouvements homosexuels de la fin du XIXe siècle jusqu’aux processus mémoriels les plus récents. Des parcours de vie témoignent du destin hétérogène des hommes et des femmes homosexuels durant cette période, alors qu’ils étaient parfois aussi juifs, résistants, voire sympathisants du régime.