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En trois décennies, le nombre de cancers chez les jeunes a augmenté de 80 %. Ce drame silencieux n’est pas sans cause, explique Laurence Huc, toxicologue à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. « Nous payons la facture de toutes les pollutions accumulées depuis les années 1950 », affirme-t-elle. En cause : plus de 100 000 substances chimiques répandues dans l’alimentation et dans l’environnement. Dans les années 1960, pourtant, les scientifiques avaient montré que la plupart des cancers trouvaient leur source dans un environnement toxique. Mais à partir des années 1970, l’analyse génétique s’est imposée dans la communauté scientifique, largement financée dans ce but par l’industrie pour conclure que le cancer trouvait presque toujours sa cause dans un défaut hérité de l’ADN. Dans cet entretien avec Hervé Kempf, Laurence Huc dénonce avec force le poids des lobbies, la passivité de chercheurs dépendant du secteur privé, la responsabilité aveugle des politiques. Les perspectives sont effrayantes : si l’on ne fait rien, il y aura 60 % de cancers en plus dans le monde en 2050 selon l’Organisation mondiale de la santé. La priorité, explique la chercheuse, qui publie le 17 septembre la BD Pesticides — Leurs ravages sur la santé des enfants (Les Printanières), est de rendre la recherche publique indépendante des intérêts privés.


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    En trois décennies, le nombre de cancers chez les jeunes a augmenté de 80 %. Ce drame silencieux n’est pas sans cause, explique Laurence Huc, toxicologue à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. « Nous payons la facture de toutes les pollutions accumulées depuis les années 1950 », affirme-t-elle. En cause : plus de 100 000 substances chimiques répandues dans l’alimentation et dans l’environnement. Dans les années 1960, pourtant, les scientifiques avaient montré que la plupart des cancers trouvaient leur source dans un environnement toxique. Mais à partir des années 1970, l’analyse génétique s’est imposée dans la communauté scientifique, largement financée dans ce but par l’industrie pour conclure que le cancer trouvait presque toujours sa cause dans un défaut hérité de l’ADN. Dans cet entretien avec Hervé Kempf, Laurence Huc dénonce avec force le poids des lobbies, la passivité de chercheurs dépendant du secteur privé, la responsabilité aveugle des politiques. Les perspectives sont effrayantes : si l’on ne fait rien, il y aura 60 % de cancers en plus dans le monde en 2050 selon l’Organisation mondiale de la santé. La priorité, explique la chercheuse, qui publie le 17 septembre la BD Pesticides — Leurs ravages sur la santé des enfants (Les Printanières), est de rendre la recherche publique indépendante des intérêts privés.


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