
Dans cet épisode d’HORMÊ, je vous emmène à la rencontre d’une voix qui traverse les langues, les territoires et les silences. Une voix qui capte l’invisible, saisit l’éphémère et donne une texture aux souvenirs. Celle de Ryoko Sekiguchi, écrivaine et poétesse.
Née à Tokyo et installée à Paris depuis plus de vingt ans, Ryoko explore le monde comme on explore une sensation. Chez elle, l’écriture n’est pas seulement un acte intellectuel : c’est une manière d’habiter le réel. Observer, sentir, relier. Faire dialoguer les odeurs, les émotions, les lieux et les mots. Elle est une passeuse de perceptions. Dans ses textes, chaque détail compte : une odeur dans une rue, une texture dans l’air, une sensation fugace. Elle tisse une cartographie sensorielle du monde, où les souvenirs ne sont pas figés mais en mouvement, toujours prêts à se transformer.
Son parcours est à l’image de son écriture : multiple et libre. Des études de littérature française à Tokyo jusqu’à l’histoire de l’art à la Sorbonne, en passant par la traduction de mangas, elle n’a jamais cloisonné les disciplines. Pour elle, tout devient matière à écrire. Tout peut nourrir une phrase, une image, une intuition. Mais écrire, pour Ryoko, est avant tout un entraînement quotidien. Une attention portée au monde. Elle cultive une forme de présence presque radicale : écouter les odeurs, ressentir les émotions, capter ce qui échappe au regard. Là où beaucoup décrivent ce qu’ils voient, elle choisit de décrire ce qui se ressent.
Dans cet épisode, on parle des sens, de mémoire et de perception. De cette manière singulière de relier une odeur à un souvenir… ou au contraire, d’accepter qu’une sensation soit entièrement nouvelle. D’accueillir la “première fois” comme un moteur de curiosité et d’humilité face au monde. Ryoko raconte aussi son rapport aux villes, qu’elle considère comme des êtres vivants. Des lieux chargés d’histoires, de traces et de présences invisibles. Voyager devient alors une expérience sensorielle totale, une ouverture constante à l’inconnu, à l’autre, à ce qui nous transforme. On parle également de transmission. De l’importance des mots reçus dans l’enfance, de cette confiance qui construit une vie. De l’amour comme force fondatrice, mais aussi comme énergie que l’on retrouve dans les œuvres, les gestes, les rencontres.
Chez HORMÊ, ce qui touche dans cette conversation, c’est cette fidélité profonde au monde. Cette manière d’être entièrement présent à ce qui nous entoure. Pour Ryoko, écrire ne consiste pas à ralentir, mais à habiter pleinement chaque instant, avec intensité et précision. Elle refuse de céder à la facilité du vide ou du détachement. Au contraire, elle invite à remplir nos vies d’attention, de sensations, de rencontres. À rester ouverts, vulnérables, curieux. À accepter le risque d’être touché.
Enfin, Ryoko partage sa vision de la littérature comme une “machine à vivre”. Un espace où les êtres, les lieux et les instants continuent d’exister, même après avoir disparu. Écrire devient alors un acte presque vital : préserver, prolonger, faire renaître.
Un épisode sur la présence, les sens et la puissance invisible de l’attention.
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